Dans le cadre du projet de construction d’un nouveau groupe scolaire et de logements sur le site des Hauts de Gadie, des fouilles archéologiques préventives ont été menées d’octobre 2025 à mi-février 2026. Durant quatre mois, des archéologues ont exploré le terrain afin de mieux comprendre l’histoire ancienne de notre commune.

En amont du projet de logements collectifs et maisons individuelles, un diagnostic effectué en 2022 avait permis de détecter la présence de vestiges. Suite à cette découverte, le Service régional de l’archéologie de la Région PACA prescrit une fouille approfondie. Une zone d’environ 6 000 m² a ainsi été définie pour concentrer les recherches.
Les premières conclusions révèlent un site particulièrement riche, marqué par des occupations successives depuis le Néolithique jusqu’à l’Antiquité. Ces découvertes laissent supposer que ce site a été occupé pendant plusieurs milliers d’années.
Les principaux vestiges retrouvés datent du néolithique et de l’âge du Bronze, pour être large, néolithique moyen, néolithique final, jusqu’à l’âge du fer. Comme il s’agit des périodes de la préhistoire, les traces retrouvées sont essentiellement des vestiges en creux, ainsi que les trous dans lesquels étaient installés les poteaux des bâtiments et également leurs fosses (appelées « fosse-silo »), dans lesquelles ils mettaient leurs grains. Enormément de structures de combustions ont été retrouvées, que ce soit des fours domestiques, des fours à céramique et métallurgie, mais aussi des foyers à pierres chauffantes, sur lesquels on pouvait préparer à manger. Au total, plus de 900 structures ont été recensées.


Des éléments de métiers à tisser ont également été découverts, attestant d’activités artisanales sur le site. Les études à venir permettront de préciser l’usage exact de certains foyers : cuisine, séchage de peaux, de poissons ou d’autres denrées.
La phase d’études post-fouilles
Pendant deux ans, les spécialistes vont étudier l’ensemble des vestiges trouvés : céramique, pesons, mobiliers en pierre, éléments de mouture…
Des analyses plus scientifiques et chimiques seront également réalisées pour définir, grâce aux charbons de bois trouvés sur place, l’environnement de l’époque, mais aussi le bois qu’ils faisaient brûler dans les foyers. Les charbons de bois permettront aussi de faire les datations et de donner une chronologie à tous les vestiges.
L’analyse des vestiges par les spécialistes (céramologues, lithiciens, etc.) et les datations au carbone 14 (C14) permettra de faire un phasage plus précis du site.
A l’issue de ces études, un rapport sera rédigé. L’ensemble des vestiges seront rendus à l’État. Le mobilier sera conservé dans un Centre de conservation et d’étude départemental, les plus belles pièces pourront être exposés dans des musées ou autres sur demande.
Rencontre avec l’archéologue
À l’issue du chantier de fouilles, la municipalité est allée à la rencontre d’Aurore Bertrand, responsable d’opération, archéo-anthropologue et spécialiste du Néolithique. Elle y revient sur les découvertes majeures du site et les enjeux de ces recherches. Retrouvez l’interview vidéo sur la page Facebook de la mairie en cliquant ici.